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« L’identification de la présence d’amiante dans les enrobés bitumineux nous permet d’anticiper plus efficacement le coût de nos interventions »

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Nathalie Antony est chef du Service Maintenance des Infrastructures de Voirie du Grand Nancy. Pour So-emedia, elle revient sur le partenariat mis en place avec SOCOTEC pour identifier la présence d’amiante dans les enrobés bitumineux des voiries du Grand Nancy.

Vous avez lancé une grande démarche d’identification de la présence d’amiante dans les enrobés bitumeux de toutes les voiries du Grand Nancy. Pourquoi ?

Depuis 2012, une modification réglementaire du Code du Travail impose aux maîtres d’ouvrage de contrôler la teneur en amiante dans les chaussées. Entre 1978 et 1995, cette dernière était utilisée pour renforcer la tenue des enrobés routiers, notamment le type dit « chrysotile ». Si son utilisation est aujourd’hui interdite, il est néanmoins possible que des enrobés en contenant aient été recyclés dans des couches de chaussées plus récentes. Pour être en phase avec la réglementation et pouvoir informer tous les intervenants de la présence éventuelle d’amiante, nous avons décidé de réaliser un diagnostic des 850 kilomètres de voiries du Grand Nancy. Un exercice de longue haleine mais qui nous permettra à terme d’anticiper plus efficacement le coût des interventions. En effet, en l’absence de données, les services concernés seraient tenus d’intervenir à chaque fois comme s’il y avait de l’amiante dans le périmètre concerné. Une précaution indispensable pour protéger les équipes, mais lourde et coûteuse. Avec la cartographie, les dispositifs de protection contre l’amiante seront déployés uniquement quand cela sera nécessaire.

SOCOTEC vous accompagne dans cette démarche. Pourquoi ce choix ?

Il y a trois ans, nous avons lancé un marché public. Parmi nos différents critères, nous souhaitions collaborer avec une entreprise capable de monter une équipe exclusivement dédiée à cette mission. La réponse de SOCOTEC était la plus pertinente à tous les niveaux. D’abord, et comme nous le voulions, ils nous ont proposé de mettre en place une organisation spécifique afin de répondre à nos besoins. Ensuite, ils ont investi dans l’achat de matériels pour mener à bien leur mission. Enfin, ils ont développé une application qui produit des rapports de sondage contenant toutes les données au bon format pour être ensuite intégrées à notre cartographie.

Concrètement, comment collaborez-vous avec SOCOTEC ?

On commence par leur transmettre un listing de rues où aucun diagnostic n’a encore été effectué. Ensuite, ils nous proposent une cartographie des implants de carottage qu’ils prévoient de réaliser. Dès qu’ils ont notre feu vert, ils effectuent les démarches administratives préalables puis lesdits carottages, avant d’envoyer les prélèvements dans un laboratoire chargé de déterminer la présence ou non d’amiante. Le taux de concentration en d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) est également mesuré. Ils sont également amenés à intervenir « en urgence » sur les lieux où sont programmés des travaux dans un bref délai.

Quelle est la finalité de cette collaboration ?

À ce jour, 600 kilomètres du réseau métropolitain ont été sondés. Il en reste donc encore 250. À terme, notre partenariat avec SOCOTEC nous permettra d’avoir une cartographie complète de la présence d’amiante dans les enrobés bitumeux des voiries du Grand Nancy. La présence d’amiante a été détectée dans 2,7% du réseau sondé à ce jour. La mise en place du dispositif de protection des travailleurs sera donc très ponctuelle et parfaitement anticipée. Cela fluidifiera ainsi l’organisation des interventions, assurant des conditions de sécurité optimales tant pour les ouvriers que pour les riverains, tout en optimisant le coût des chantiers.

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