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Ponts routiers : une gestion optimisée des investissements pour plus de sécurité

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À la suite de l’effondrement du pont Morandi à Gênes, le Sénat a ouvert une commission d’enquête sur l’état des ponts en France. Le rapport d’information, publié le 26 juin, montre clairement que les collectivités manquent cruellement de moyens pour l’entretien des ouvrages dont elles ont la responsabilité. D’où l’importance de les aider à prioriser leurs investissements. Explications.

Le parc français est estimé à 244 000 ponts : 12 000 sont gérés par l’État, 12 000 par des concessionnaires, 120 000 par les départements et 100 000 par les communes. Or, depuis la réduction des dotations de l’État, ces dernières ont de plus en plus de mal à faire face aux obligations d’entretien des ouvrages dont elles ont la responsabilité. Pour ne rien arranger, la majorité d’entre eux sont relativement anciens. Ce qui implique que pour être maintenus en bon état dans le temps, ils nécessiteraient des travaux de restauration et/ou de consolidation importants. En outre, il apparait qu’un certain nombre de collectivités ont du mal à connaître l’intégralité de leur patrimoine d’ouvrages d’art. Si l’un d’eux venait à présenter des dégradations suffisamment sévères nécessitant des travaux d’urgence, cela poserait un réel problème de responsabilités pour réaliser ces travaux.

A minima : les visites IQOA

Les ponts routiers sont particulièrement surveillés, à raison d’un contrôle annuel et d’une visite détaillée tous les six ans. Des inspections menées par des prestataires qui, tous les trois ans en moyenne, évaluent également les ouvrages lors de visites dites « IQOA » (« Image Qualité des Ouvrages d’Art »). Il s’agit d’une série de contrôles réglementaires qui permet de classer les ouvrages dans l’une des 5 catégories existantes en fonction de leur état. Dans les catégories 1 et 2, on retrouve les structures en « bon état apparent » ou ayant des « défauts mineurs ». La catégorie 2E regroupe les ouvrages ayant des « défauts risquant d’affecter la structure à court terme ». La catégorie 3 concerne les ouvrages à la structure « altérée » et qui ont besoin de travaux sans caractère d’urgence. Enfin, la catégorie 3U regroupe « les structures gravement altérées avec un besoin urgent de travaux ». En fonction du classement retenu, une liste de recommandations de travaux à réaliser et leur niveau d’urgence est établie. Or, on l’a vu, les communes ont bien du mal à trouver les financements nécessaires.

Aller plus loin pour mieux prioriser ses investissements

La réduction des moyens à la disposition des collectivités introduit un besoin encore plus crucial d’optimiser leur budget. Pour en tirer le meilleur parti, les investissements doivent être parfaitement cadencés et anticipés. Les ouvrages les plus à risques doivent être identifiés et traités en priorité. D’autant qu’une rénovation trop tardive sera d’autant plus lourde et donc coûteuse.

Pour parvenir à cet exercice délicat de priorisation, les collectivités doivent disposer d’une vision d’ensemble de leur patrimoine et d’une connaissance fine de l’état de chaque pont. Compiler et structurer l’ensemble des données contenues dans les rapports de visites IQOA est une première étape, qui doit par la suite être enrichie. Une information uniforme, consolidée et centralisée sera ensuite utile à l’ensemble des acteurs, internes ou prestataires, chargés des contrôles et de la maintenance des ouvrages.

Disposer d’une vue d’ensemble sur l’état du parc d’ouvrages d’art permet aussi d’envisager d’autres solutions pour garantir la sécurité des usagers. Le réseau routier peut ainsi être repensé. Il peut en effet être pertinent de fermer à la circulation poids lourds un pont en mauvais état dont le taux d’utilisation est très faible et, dans le même temps, proposer un itinéraire bis via un autre pont en meilleur état. Autant de décisions qui permettent d’ajuster le plan d’investissement de maintenance des ouvrages.

Un regard extérieur pour prendre du recul

Pour entamer une démarche d’optimisation de la maintenance des ouvrages, recourir à l’assistance d’une expertise tierce partie est recommandé. L’expérience des experts de SOCOTEC Infrastructure fait gagner aux collectivités un temps précieux pour compiler les informations et orienter leur plan d’investissement de maintenance. Ils proposent notamment d’élaborer une base de données regroupant toutes les informations relatives au patrimoine d’ouvrages d’art à travers un outil métier spécifique.

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